Quand pointent les formes du nouveau
"Le monde de l’art n’est pas celui de l’immortalité, c’est celui de la métamorphose".
(André Malraux)
Il existe bien plusieurs histoires de La Mals. Celle biographique de son inventeur, de ses directeurs, de ses équipes et des principaux artistes qui s’y sont illustrés.
Celle des politiques et institutions culturelles, aussi bien que la sociologie des publics, sans oublier une riche histoire orale.
Comprendre La Mals revient à tenir compte des apports croisés de ces histoires culturelle, politique, esthétique, sociale, afin d’en proposer une qui sera à son tour et en même temps chacune d’entre elles. Et chacun défendra la sienne pour justifier de ces quarante trois années passées à promouvoir une culture accessible à tous, tout en gardant le cap de l’exigence artistique dans la diversité des propositions, portée par un projet artistique sans concession, convivial mais ambitieux, social et généreux.
La Mals va profondément changer et restera un lieu en pleine mutation au cours de ces prochaines années. Elle proposera des parcours plus personnels à travers un état du théâtre et du spectacle vivant moins consensuel. Non pas le chemin que chacun peut faire durant l’année, autour de chez lui, grâce à un réseau de théâtres publics ; mais un parcours plus original, parfois déroutant, parfois au sein de nouvelles formes théâtrales qui échappent au déjà-vu et aux spectacles catalogués. Mais "être contesté c’est aussi être constaté" (Victor Hugo).
Son nouveau et ambitieux projet artistique, devra prendre consistance en s’appuyant sur la rencontre avec le public en empathie avec La Mals pour se fabriquer son propre public. L’enjeu est primordial pour ne pas donner libre cours au catastrophisme d’un discours de rupture entre expression artistique contemporaine et public populaire, prendre place dans un projet global qui lierait discours artistique et curiosité d’un public non blasé.
Et même si "au théâtre les spectateurs veulent être surpris, mais avec ce qu’ils attendent" (Tristan Bernard), ayons l’audace de franchir cet état d’insécurité artistique, où devra se plonger tout spectateur qui fréquentera ce bel écrin dans le cadre de la Scène Nationale du Pays de Montbéliard, pour lui maintenir le capital de pratiques et de confiance accumulé à La Mals.
Vous êtes chaleureusement invités à nous y accompagner et nous vous attendons nombreux. Nous nous retrouverons sur d’autres chemins, car "pour entrer dans le secret des choses, il faut d’abord se donner à elles". (Simone de Beauvoir)
Claude Liebundguth
Président du conseil d’administration
|