A Sochaux, on n'a pas de pétrole, mais on a des idées. Qu'on nous permette de recycler la vieille formule giscardienne, éculée jusqu'à la trame et très certainement désuète, pour introduire le premier numéro de l'émission Même pas Mals ! Non pas qu'il s'agisse-là de nostalgie, bien au contraire, mais plutôt de l'envie de montrer, avec un brin de facétie, voyez-y un pied-de-nez s'il vous convient, que l'esprit de la plus grande salle de spectacles de l'Aire Urbaine est toujours là, préservé, intact, avec pour seul cap celui de proposer à son public des artistes à son image : simple, décalée, informelle et chaleureuse. Même pas Mals, vous l'aurez compris, consiste non pas à lancer un ultime baroud d'honneur comme un pavé - sous la plage ? - dans la mare. Mais d'inscrire ce « théâtre à l'italienne » dans une dynamique tournée vers les mois à venir.
Alors … pour ce premier numéro, Michel Leeb a eu l'amabilité d'essuyer les plâtres. Pas mal non ?
Non seulement pour ce que l'artiste touche-à-tout représente, mais parce que l'interview s'est déroulée en toute franchise. Sans langue de bois. Rare, me direz-vous, lorsqu'il s'agit de déballer l'argumentaire d'une promo bien rôdée, au bout de trente ans de métier, las de répondre toujours aux mêmes questions. C'est depuis le salon d'une amie, installée en Suisse, que le comique, passionné de jazz et de musique classique, s'est prêté au jeu des questions sans concession de nos invités triés sur le volet.
A l'aise, en bras de chemise, il n'aura mis aucun sujet à l'index. A questions franches, réponses franches. Claires. Nettes. Bâchées.
Le racisme ? Un mauvais procès de l'intelligentsia, et le signe avant-coureur d'un discours bien-pensant, sclérosé, où le politiquement correct finit d'inhumer la liberté de ton dans la naphtaline. Le manque de notoriété chez les jeunes ? Le constat, sans fioriture, de ce « tempus fugit » qui nous prend tous à la gorge, et des règles abruptes de la médiatisation. Pour autant, qu'on ne s'y méprenne pas. Michel Leeb a su préserver son regard aiguisé sur le monde. Une plume nerveuse et efficace dans la réalisation de ses spectacles.
C'est donc tout naturellement que vous pourrez l'entendre lever le voile sur la genèse du spectacle. Sur les trucs et les astuces qui charpentent, en coulisses, cet Hilarmonic Show. Un spectacle qui s'appuie sur les plus grands « standards » - s'il nous est ici permis d'utiliser une métaphore jazzistique - de la musique classique, avec pour chef d'orchestre un Michel Leeb aux antipodes de l'austérité convenue en pareilles circonstances. Le comique emprunte - on ne change pas une formule qui fait recette - autant à Jerry Lewis qu'à Danny Kaye, de son propre aveu. On vous laisse donc découvrir les premières images de ce premier numéro de Même pas Mals, tourné dans les salons sochaliens. Une émission où acteurs et spectateurs ont eu un réel plaisir à échanger avec l'artiste. Leeb, c'est bien !